• La question des violences est globalement bien acceptée par les patientes qui sont plus enclines à les révéler si le sujet est abordé par un professionnel de santé.
  • Toutes les violences ont des répercussions majeures sur la santé de la femme victime.
  • Au cours de sa vie, une femme aura en moyenne 50 consultations gynécologiques et/ou obstétricales  (frottis réguliers, renouvellement de contraception, interruptions volontaires de grossesse, consultations pré et post accouchements…) , selon le rapport du HCE de juin 2018.

les professionnels de santé sont en première ligne pour aider les victimes

= rôle essentiel pour initier la première étape de la reconstruction : 

Briser la loi du silence

Protéger les femmes et les enfants !!!

 

ÉCOUTE : élément IMPORTANT+++ :  Bienveillance – Respect – Empathie solidaire

« C’est la qualité de la RELATION qui va aider à SOIGNER » (Gérard Lopez)

Pourquoi poser la question sur les violences actuelles ou anciennes ?

  • Pour briser la loi du silence: c’est un sujet très difficile à aborder spontanément. Poser des mots sur ce qui arrive peut représenter une première étape essentielle pour entamer le parcours de sortie de violences.
  • Pour rompre la solitude dans laquelle une majorité de victimes se trouve
  • Pour faire comprendre que la violence dont la femme est victime est un sujet médical
  • Pour réduire :
    • la durée de tolérance vis-à-vis de la violence
    • le nombre de récidives des violences
    • l’aggravation des risques et des conséquences profondes sur la personnalité de la victime

Est-ce une question intrusive sur le droit à la vie privée ?
La limite de ce droit est définie par la loi : tout ce qui n’est pas permis est interdit. Toute violence est interdite par la loi.

A qui poser la question des violences actuelles ou anciennes ?

A quelles femmes ?

Toutes les femmes peuvent être victimes :

Vous,
votre fille,
votre sœur,
votre mère,
une amie,
une collègue,
une voisine…

A quels couples ?

Tous les couples peuvent être concernés, tous les milieux sociaux-culturels.

Systématiquement à toutes les femmes

  • Devant un motif de consultation signe d’alerte
  • Même si absence de signes d’alerte
  • En précisant que ces questions sont abordées avec toutes les patientes étant donnée la fréquence du risque.
  • Sans oublier qu’il n’existe pas de prédisposition sociale - culturelle - religieuse.
  • Mais des FACTEURS DE VULNERABILITE

Tout le monde ne devient pas victime !
Très peu de risques de devenir victime :

  • En ayant vécu dans un environnement bienveillant
  • En n’ayant jamais vécu de maltraitance dans l’enfance
  • Si on n’a jamais subi d’inceste, de viol, de maltraitance

Facteur de Risque N°1 :

  • Antécédents de violences personnelles, intra familiales…

Quand poser la question sur les violences actuelles ou anciennes ?

La question doit être posée systématiquement à chaque nouvelle patiente lors de l’interrogatoire sur les antécédents par le professionnel de santé.

Pour les sages-femmes et gynécologues ce sera lors  de :

  • Consultation de suivi gynécologique
  • Demande IVG
  • Consultations prénatales
  • Préparation à la naissance
  • Entretien prénatal précoce
  • Hospitalisation au cours de la grossesse, en structure hospitalière ou à domicile
  • Hospitalisation ou soins après la naissance
  • Séances de rééducation périnéale
  • Si la question a déjà abordée, la reposer devant des signes d’alerte

 

Comment poser la question sur les violences actuelles ou anciennes ?

Si pas de signes d’alerte

La question peut de façon plus générale s'enquérir du sentiment de sécurité de la patiente actuellement :

  • « Comment vous sentez-vous à la maison ? »
  • « Comment votre conjoint se comporte-t-il avec vous ? »
  • « En cas de dispute, cela se passe comment ? »
  • « Comment se passent vos rapports intimes ? Et en cas de désaccord ? »
  • « Avez-vous peur pour vos enfants ? »
  • « Avez-vous déjà été agressée verbalement, physiquement ou sexuellement par votre partenaire ? »  « Vous est-il déjà arrivé d’avoir peur de votre partenaire ? »
  • « Vous êtes-vous déjà sentie humiliée ou insultée par votre partenaire ? »

Il est recommandé de questionner la patiente sur sa perception de la sécurité et du bien-être de ses enfants.

Pour questionner les antécédents de violences :

  • « Avez-vous déjà été victime de violences (physiques, verbales, psychiques, sexuelles) au cours de votre vie ? »
  • « Quelqu’un vous a-t-il déjà fait du mal ? »
  • « Considérez-vous que vous avez eu une enfance heureuse ? »
  • « Avez-vous déjà été malmenée ou violentée ? » 
  • « Au cours de votre vie, avez-vous subi des traumatismes, des agressions ? »
  • « Avez-vous vécu des événements (harcèlements, violences sexuelles, humiliations….) qui vous ont fait du mal et qui continuent à vous en faire actuellement ? »

Devant des signes d’alerte

Il est recommandé de questionner la patiente sur des violences subies, en s’appuyant sur les symptômes pour ouvrir le dialogue :

  • « Il arrive que des patientes qui présentent les mêmes symptômes que vous soient victimes de violences. Est-ce votre cas ? »
  • « Parfois, ces symptômes sont liés à du stress, des tensions ou de la violence à la maison. Est-ce votre cas ? »
  • « Lorsque vous étiez enceinte, avez-vous été maltraitée, frappée, giflée, blessée par votre partenaire ? »

En cas de doute

En cas de doute et si la patiente ne souhaite pas parler, il est recommandé de :

  • ne pas insister
  • respecter son autonomie
  • ne pas juger son ambivalence, sa tendance à nier les faits, à défendre son agresseur
  • prendre en compte l’emprise, le sentiment de culpabilité, de honte, de désespoir
  • expliquer ce qu’est la violence au sein du couple, le cycle de cette violence, son impact négatif sur la santé de la femme et celle de ses enfants
  • informer sur le fait qu’un enfant soit victime de ces violences, peut autoriser le praticien à se délier du secret professionnel en informant les autorités compétentes (Art. 226-14 CP) qui détermineront s’il convient de mettre en œuvre des mesures de protection adaptées.
  • réattribuer l’unique responsabilité des violences à l’agresseur
  • rappeler que les faits de violence sont interdits et punis par la loi et préciser à la victime qu’elle est en droit de déposer plainte
  • redire que le viol au sein du couple est un crime
  • indiquer les aides existantes
  • noter dans le dossier médical les éléments de doute et les réactions observées
  • proposer de remplir un questionnaire sur les violences en dehors de la consultation pour en reparler ultérieurement
  • En cas de doute sur une situation de violence au sein du couple, en présence d’enfant(s), le praticien a la possibilité de contacter le médecin référent en protection de l’enfance du Conseil départemental afin d’échanger autour de la situation

 Il faut reposer la question surtout si signes d’appel ++++ ou facteurs de vulnérabilité

Women Abuse Sreening Tool = outil de dépistage de la violence faite aux femmes en pratique courante de consultation